31.01.2008
Donnez donnez tout donnez X vous le rendra
Vous vous souvenez que je vous ai entretenu de mon séjour à Dakar capitale du Sénégal et de la rue où je logeais et qui hébergeait le magnifique bâtiment de l’UNESCO avec sa file de 4X4 (jantes alu) alignés et bichonnés du matin jusqu’au soir par des laquais en guenilles ….
Cet organisme très influent et omniprésent, qui récolte des fonds de particuliers en sus des largesses que lui procurent les gouvernements, propose une célébration de la shoah jusqu’au 22 février :
http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=41607&URL_D...
En parcourant ces sites …..
Je suis tombé, là : http://paris1.mfa.gov.il/mfm/Data/130752.htm
Sur un petit déjeuner organisé par la CCFI (Chambre de Commerce France Israël) le 25 janvier avec Marc Touati (qu’on a pu voir et revoir sur nos antennes récemment à l’occasion de l’évaporation des 5 milliards de la SG.
En 1987, j’étais, en ma qualité de gérant de l’entreprise que j’avais créée, adhérent de la CCFI dont la présidente était notre future première ministre de Mittérand : Edith Cresson.
Pour ceux qui étaient bien introduits (dont je ne faisais hélas pas partie) il y avait beaucoup de fric dans cette chambre.
Mais, à l’époque, le sigle signifiait : Chambre de Commerce France International !!!
Les temps changent et les sous suivent.
12:12 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : dakar, sénégal, unesco, Paris
30.11.2007
Ô Corsica Ô Isula d'amor
ne retrouvant pas cette note, je la re-publie à l'intention de mon nouvel ami .... un corse alchimiste qui se reconnaîtra !!!!!
Ô Corsica Ô Isula d'amor
Dimanche 25 Septembre 2005
Orly Ouest 15h30 - Airbus A320
Le commandant a mis les gaz et le zingue a décollé.
Le temps de boire une bière et ‘bon giorno’ Bastia.
Vingt sept degré.
Le taxi nous embarque, son chauffeur est loquace, j’aime pas les chauffeurs de taxi loquaces, ils vous prennent la tête pour mieux cacher leur filouterie.
Il nous dépose en haut de l’avenue Jean Zuccarelli.
24 kilomètres 50 euros, je ne m’étais pas trompé.
La chambre est assez grande, il vaut mieux pour y passer sept nuits, sans Aladin ni Shéhérazade mais avec La Rousse.
Petite bouffe au ‘Brigantin’ sur le vieux port, un pinard super corsé sur deux rougets de l’île dont un pas frais-frais (je parie qu’ils n’ont même pas eu le temps de lire le code Napoléon).
Une longue marche en pente raide pour remonter jusqu’à l’hôtel (des voyageurs) et favoriser une digestion tranquille.
Lundi 26 Septembre 2005
Les missions se suivent et ne se ressemblent pas.
Je suis si tanné que presque plus rien ne peut m’épater.
J’ai été accueilli avec indolence, tolérance, indifférence, impatience, déférence … dans des circonstances de toutes sortes, par des personnes de tous types, des gentils, des méchants, des pros, des imbéciles, des peureux, des vicieux ….. Maintenant, je ne fais presque plus attention.
Je viens faire mon petit numéro de sapiens sapiens je l’agrémente de quelques plaisanteries fines ou grasses selon l’auditoire, et je laisse une large place à l’improvisation.
Il faut parfois plusieurs répétitions du même morceau de la partition avant qu’il ne soit compris, une fois, je suis tombé sur des loustics qui avaient terminé les exercices y compris les plus difficiles avant même que je ne leur demande de commencer …. C’était chez Ariane Espace …. de vraies fusées, ces gars là !
Mais aujourd’hui, c’est autre chose.
Si je plante le cours, je me retrouve ici pour sept jours à glander et ça risque de me coûter la peau des couilles qui sont plutôt chagrins en ces temps de marasme pandémique, sans parler de la réputation qui s’en suivra en me précédent en tous lieux.
Je descends jusqu’à la Sous Préfecture qui jouxte le Conseil Général de Haute Corse.
La courroie de mon vieux portable me scie l’épaule, mais pas question de me séparer de mon exension cervicale.
Le planton ne me demande pas mes papiers malgré le plan Vigipirate et contrairement à ce qu’on m’avait annoncé.
Il me demande seulement qui je viens voir ?
C’est pas l’envie qui me manque de lui répondre ‘Bonaparte’ ou ‘Talamoni’, ou ‘Tino Rossi’, mais je suis trop sur le qui-vive pour tant d’esprit et je m’entends lui répondre sur un ton presque niais :
« je sais pas, je me souviens plus ».
Il me désigne l’entrée de la Sous préfecture et me dit :
« ils vont vous renseigner ».
La file d’attente pour le guichet de renseignements déborde sur le trottoir de l’entrée. J’estime à au moins trois heures l’attente qui m’attend. Et puis j’ai l’impression que mes neurones sont calaminés, je sens confusément que quelque chose ne tourne pas rond mais impossible de dire quoi.
D’autres personnes ne cessent de se joindre à la queue qui n’avance pas d’un millimètre. De plus, je constate que la file est sur quatre rangées alors qu’il n’y a qu’une seule personne au guichet.
Il y a décidemment quelque chose qui cloche, mais quoi ?
J’aperçois un flic qui se cache presque derrière le guichet. Je bouscule deux ou trois personnes pour sortir de la queue et je vais à sa rencontre. Je le regarde droit dans les yeux pour qu’il comprenne de loin que je vais avoir à faire à lui, mais son regard se perd dans des conjectures insondables. Comme je suis à présent tout près de lui, il ne peut plus faire semblant de m’ignorer.
« Monsieur l’agent, ce guichet de renseignements est-il commun à la Sous préfecture et au Conseil Général, je vous prie ? »
L’homme se détend brusquement, comme si on venait de lui retirer une épine du pied.
« Non, Monsieur, seulement la Sous Préfecture. Venez, je vais vous montrer l’entrée du Conseil Général ».
A la réceptionniste qui ne m’a rien demandé en espérant de moi une tacite réciprocité, je décline mon identité (dont elle se bat la paupière) et l’objet de ma visite (dont elle se bat l’autre).
Son regard expressif me répond sans ciller que mes affaires ne sont pas les siennes et que le fait d’être préposée à la réception n’implique pas nécessairement qu‘elle aie à renseigner les indigents.
« Essayez voir au service informatique, premier étage par cette porte là bas. » finit-elle par me concéder en désespoir de cause de me voir rester planté devant sa banque à l’empêcher de philosopher.
Je ne suis pas parti que ses yeux verts ont repris le chemin de ses rêvasseries.
Au dit service informatique, je suis accueilli par des hourras dignes des stars du foot.
Non, je blagueeeee !!!!
Rien, ni personne pour m’acclamer, juste un jeune Corse beau comme un ‘bigorn Khoz’ pour me demander d’où c’que c’est-il que je cherche-t-il à me rendre ?
Je montre ma trop fameuse patte blanche, celle qui m’a permit de m’illustrer en maints offices.
La Christine, sortie comme un épeire de sa toile m’emmène dans sa tanière, un petit bureau dont la température frise les trente degrés.
Je sors mon mouchoir de papier (comme d’autres exhibent leurs chevaux de pacotilles) et m’éponge la face, le cou, les oreilles et tout l’restant.
Elle minaude, la finaude :
« Y’a tromperie sur la marchandise », je redouble de buées,
« comme quoi que le cours que je viens dilapider en ces lieux corsicotes n’a rien à voir avec ce que les autochtones attendaient …. !!!! »
Je frôle les quarante cinq degrés et ma chemise est sous pressing.
Heureusement, un Corse pur jus, i. e. ressemblant trait pour trait à Napoléon, nous rejoint et me demande :
« Comment comptez-vous tenir trois jours sur les sauvegardes-restaurations quand le sujet se traite en trois minutes ? »
Le ton est donné !!!!!!!
Je renonce à m’éponger, autant laisser pisser !!!
Je toise le Napoléon d’opérette de sous ses narines (le bougre fait une tête de plus que moi).
« Ouaip, trente secondes, pendant qu’on y est !!! vos sauvegardes, ça doit ressembler à de l’art contemporain, trois coups d’pinceaux et une cuillère à pot ! si c’est pour faire n’importe quoi, effectivement, vous n’avez pas besoin de moi. »
Le clone de Napoléon se renfrogne comme une bigote privée d’eau bénite par une grève imprévisible des aiguilleurs du ciel ou un blocus des grottes de Lourdes par des païens bigouden.
Je ne suis plus qu’une fontaine mais une fontaine charriant des miasmes d’urée poisseuse.
La Christine me rassure en m’apprenant qu’aucune salle n’a été retenue et qu’elle cherche un lieu dans lequel je pourrais donner ma messe aux curieux fidèles curieux.
J’en profite pour visiter les gogues à défaut de catacombes.
Après une bonne heure de tergiversations palabresques la salle 1113 nous est dédiée.
Nous nous retrouvons bientôt douze dans la grande salle de conseil totalement inadaptée pour une formation. Je demande qu’on m’apporte sur le champ un tableau et des feutres.
Si je vous dis que l’ambiance est lourde, vous allez vous dire : on le connaît, le Yfig, il a toujours tendance à enjoliver, à en rajouter, à exagérer …. Ben mes colons, pour une fois, je suis bien en dessous de la vérité. L’ambiance n’est pas lourde, elle est étouffante, stressante, ECRASANTE !
Pour débuter sur une note légère, je leur propose de se présenter rapidement : prénom, fonction et bénéfices attendus de cette formation.
Le faux Napoléon me rétorque : « et si vous commenciez par vous présenter ? »
BOUM ! Merdre, les Corses sont dignes de leur réputation ! Pas la réplique au fond du pantalon, pas la langue en bois d’arbre au fond de la gorge !
Je saute (heu …. C’est une façon de parler qu’il vaut mieux éviter ici) sur l’occasion pour me mettre en valeur :
« Yfig, cherchez pas, c’est Breton ! » (et ça voulait dire :’Corse, c’est bien gentil, mais ça n’a jamais fait un demi Breton’.)
Je ne m’attends pas à des exclamations, à des cris d’admiration ou des jurons de charretier, mais le silence qui m‘entoure ne laisse rien présager de rassurant.
J’ai la soudaine impression de me retrouver au milieu d’une tranchée de 14-18 avec la menace d’une pluie de grenades imminente.
Leurs yeux exorbités et rouges à la fois de colère et d’outrage me fusillent plus sûrement qu’un peloton de fusillés marins.
Ma dernière minute est décomptée.
Le plus à ma gauche décide de rompre l’omerta et se présente, très succinctement.
Les autres suivent.
Ces charmantes civilités passées, j’engage le combat, le vrai !
J’en suis à peine à la fin de ma troisième phrase que le prétendu Napoléon me jette à la face :
« Bon ! tout ça on le sait déjà, alors si vous n’avez rien à nous apprendre, je vois pas à quoi on va passer le temps ! »
Ce con me fatigue, je décide de frapper fort et je lui balance une de mes bottes secrètes sous la forme d’une question-affirmation insidieuse :
« Vous savez aussi comment sont organisés les blocks de données sur le disque dur ainsi que les paramètres du intit ora qui les déterminent et je ne vous fais pas l’affront de vous rappeler le mode de gestion interne de la ‘FAT’ ! ? »
Ah ! C’est marrant comme ça calme !!!!
Je pousse mon avantage en leur balançant :
« Je ne vous fais pas perdre votre temps à vous expliquer la dichotomie et les principes du ‘B Tree’ pour la gestion des indexes ! »
Une dame dont j’ignore tout s’exclame :
« Ben ! moi, je veux bien qu’on m’esplique ! »
Pis quoi, encore ! ?
J’enchaîne, ignorant la pauv’dame, sur la stratégie des ‘tablespaces’ et leur adéquation avec les contrôleurs disques pour un bon ‘load balancing’.
Sentant mon assistance totalement submergée par mes allégories, je pousse le bouchon encore plus loin en leur produisant des ‘pctfree’, des ‘pctextent’, des ‘initial extents’, en leur décrivant par le menu le fonctionnement des ‘rollback segments’ et en passant in extenso à la problématique des bases de données réparties et des ‘snapshots’ concomitants.
C’est l’heure d’aller déjeuner et mes attentifs élèves ne me regardent plus avec les mêmes regards hostiles. Je demande s’il est possible de lire mes mails sur internet, un gars affable comme un cerbère me désigne du doigt un poste. Je suis rejeté par le ‘fire wall’, je voudrais bien un conseil, mais ils se sont tous dispersés comme volée de moineaux sans me proposer, non plus, aucune solution de sustentation.
L’après-midi est plus décontracté, un élève est absent.
Je réponds à une avalanche de questions sur les sauvegardes-restaurations tout en précisant que nous sortons du cadre de la formation du jour et que je ne le fais que dans un esprit de conciliation non condescendant.
Deux autres élèves demandent à se retirer en raison du niveau technique de la formation en inadéquation avec leur propre niveau. Ceux là ne connaissent que le ‘tnsname’.
Les premières blagues sortent de leur étui capitonné, il semblerait que les Bretons ne soient pas ennemis des Corses dans la mesure, bien sûr, où les dits Bretons acceptent le respect dû aux Corses …..
Je rentre à l’hôtel parfaitement épuisé, tant physiquement que mentalement. Il y a, comme ça, des jours où je regrette un peu quand j’oeuvrais comme manœuvre sur les chantiers de Renault à Sandouville.
Après une douche, nous descendons jusqu’au vieux port pour un petit restau bien mérité.
Le retour est mon chemin de croix, le lit mon sépulcre.
Mardi 27 Septembre 2005
Nous changeons de salle pour nous retrouver dans une petite salle bien aménagée avec tout ce qu’il faut pour travailler.
La journée se passe sans trop de heurts, les Corses ont bien quelques velléités d’insoumission, en particulier en m’attaquant sur le fait que je n’utilise pas les interfaces graphiques et que je tape toutes les commandes à la main ; mais je calme leurs ardeurs par des démonstrations fumeuses sur l’utilisation hasardeuse des outils basés sur les interfaces graphiques qui ne prennent pas tous les paramètres en compte et font que la cohérence des données est mise en cause.
A la fin de la journée, la démonstration est faite et plus aucune idée d’insurrection ne semble subsister, d’ailleurs, ils décident d’un commun accord d’abandonner définitivement l’interface foireuse.
Faut avoir se faire respecter.
Je me sens bien moins crevé.
Une douche, un coup d’œil et d’ouïe vite fait aux infos à la télé car on y parle de Bastia et de la SNCM.
Restau sur le vieux port et escalade jusqu’au plumard.
Mercredi 28 Septembre 2005
Les lourdes grilles grises de la sous-préfecture sont closes et une cinquantaine de CRS en armes, casques, bâtons et boucliers transparents sont alignés sur quatre rangs juste derrière les grilles.
Bon ! je ne disconviens pas que je n’ai pas été tendre avec mes stagiaires hier, mais, une, c’était pour leur bien et deux, la riposte me semble fort disproportionnée.
Je tente une manœuvre spectaculaire et m’avançant tel le chevalier sans peur et sans reproche, je frappe de mon auriculaire recourbé le fer de la grille comme je le ferais à l’huis d’une porte de bois ordinaire.
Je crois voir luire une très brève lueur d’amusement dans l’œil cruel du CRS à la gauche de la première rangée.
Le planton me reconnaît (ou fait semblant) et m’ouvre.
Je passe avec assurance devant la haie de CRS, je me sens important.
Si la réceptionniste semble n’avoir pas bougé d’un millimètre depuis la dernière fois que je l’ai réveillée de sa torpeur, c’est le branle bas de combat dans les couloirs du Conseil Général
De petits groupes de trois ou quatre personnes s’agglutinent un peu partout obstruant le passage et parlant avec véhémence des évènements extérieurs.
Je me mêle à un groupe de quatre dans lequel une jeune femme me semble supérieurement excitée et vociférante. Elle dit que son mari est marin à la SNCM et que le gouvernement ne vise que le trésor de guerre de la compagnie résidant dans sa flottille d’une dizaine de rafiots dont la valeur serait estimée à plus de quatre cents millions d’euros. Elle prétend, la bougresse, qu’une fois vendue, la SNCM bradera ses navires pour financer les fonds secrets de campagne présidentielle de 2007 de de Villepin. Et pour mieux convaincre son auditoire ébahi, elle affirme haut et fort qu’elle est prête, elle, à racheter la SNCM et à conserver l’ensemble de son personnel et gagner plein de fric en surplus !
Je me faufile vers un autre groupe de trois personnes qui semblent plus discrètes.
Un grand gaillard, que j’ai déjà entraperçu les jours précédents, harangue les deux autres et moi sur le thème des privilèges exorbitants des fonctionnaires de la SNCM qui travaillent un mois sur trois vu qu’ils sont toujours soit en congés soit en maladie ….. ils parlent en ancien francs, mais ne le comprenant que plus tard, je suis abasourdi par les sommes pharaoniques dont il est question. Le marin gagnerait 18000 par mois et le commandant plus de 30000 ….. bon , même convertis en euros ça fait encore pas mal. Puis il renvoie dos à dos la CGT et la STC, en les accusant de limiter leurs ambitions à se partager la galette.
Je finis par apercevoir un de mes élèves en grande conversation avec quelques autres. Je m’approche subrepticement du groupe et je tends la main au simili Napoléon qui me la serre sans animosité aucune.
« Ca va pas être facile pour vous de faire le cours aujourd’hui » me lance-t-il avec une certaine joyeuseté dans la voix.
Pour ne pas être en reste, je lui rétorque :
« Je vous remercie des super efforts théâtraux que vous m’avez réservé pour l’accueil de ce matin à la grille, mais vous n’étiez pas obligé. »
Je marque le point et il va à la fenêtre voir un peu de quoi il retourne.
« Nous, on passe par derrière avec nos voitures, alors j’ai pas vu qu’il y en avait autant. »
Après une heure trente, nous nous retrouvons en comité restreint dans la salle de formation.
Puis, les stagiaires entrent et sortent à tour de rôle. Nous finissons par nous retrouver à deux avec Napoléon.
Et pour couronner le tout, vers 14 heures trente, on vient nous prévenir de quitter les locaux du Conseil Général avant 16 heures car un assaut des manifestants est probable.
Je remonte jusqu’à l’hôtel pour m’écrouler sur le lit et y dormir plus d’une heure.
Bastia brûle-t-il ?
Par la fenêtre de l’hôtel, nous apercevons un épais nuage noir non loin de la sous préfecture. Des pneus, à n’en pas douter.
Malgré cette chaude ambiance, nous dirigeons nos pas vers le vieux port en faisant un large détour pour éviter le centre des échauffourées.
La place Saint Nicolas est déserte et les cafés servent normalement les clients à la terrasse. Nous prenons l’apéritif comme si de rien n’était.
Puis nous choisissons de rester là pour le dîner.
En remontant, comme tout est calme, nous décidons de remonter par l’avenue du Maréchal Sébastiani.
En bas de l’avenue, au carrefour de Novelty, quelques carcasses de pneus finissent de cramer et l’odeur âcre de la fumée noire nous encourage à accélérer le pas. Des pierres et des morceaux de ferrailles jonchent le pavé, quelques pots de fleurs de terrasses de cafés gisent éventrés sur le trottoir, mais aucune vitrine, aucune voiture ne semble touchées.
Jeudi 29 Septembre 2005
Les grilles sont toujours fermées, mais il ne reste qu’une petite poignée de CRS.
Une élève s’est fait porter pâle.
Les autres sont de plus en plus dissipés, surtout depuis que je leur ai appris que le reste du cours n ‘était que du blabla et que les exemples du bouquin qui leur a été vendu 45 euros sont tous faux, archi faux.
Malgré tout et malgré leur insistance à parler d’autres choses, je continue sur le plan de cours afin de ne pas avoir de réprimande ultérieure sur un sujet contractuel non abordé.
Plus personne ne me prête attention, je me surprends à rire de moi-même en train de parler au rétro projecteur qui n’a rien à foutre de mes élucubrations.
Puis j’annonce solennellement que le programme est bouclé et que nous pouvons abordé les sujets qui les intéressent.
Alors commencent une folle sarabande de questions/réponses sur les stratégies à adopter pour limiter au maximum les risques de pertes de données et les mises en indisponibilités des données pour les utilisateurs qui ne comprennent pas qu’il faille du temps pour restaurer des environnements esquintés ….
Je leur propose de ‘mirorer’ les environnements stratégiques et leur explique comment s’y prendre.
Viens finalement le moment de nous quitter et, pour eux, celui de remplir les ‘fiches d’évaluation du formateur’.
Cette séance nous vaut de furieux éclats de fous rire.
Ils demandent dans quelle case ils peuvent mettre leurs commentaires personnels et faire savoir que le formateur est le plus irrespectueux qu’il leur ait été donné de croiser et que son impertinence ajoutée à sa propension à insulter le peuple Corse représente à leurs yeux le plus abject délit d’insurrection qui se puisse être …. Ils se défoulent et ça me fait rire aux larmes. Je me vois même accusé d’avoir abusé de la langue Anglaise et d’ignorer la plus belle de toutes les langues, la Corse !
Nous nous sommes séparés sur une vigoureuse poignée de main.
Ensuite, nous avons loué une voiture pour pouvoir profiter à fond des deux jours à venir.
Les rues étaient de plus en plus couvertes de détritus de toutes sortes, ce qui, hier, ressemblait plus à une gentillette représentation folklorique qu’à une empoignade sérieuse, tournait au vinaigre et les esprits s’échauffaient crescendo pour finir en bataille rangée.
La dame de l’agence de location nous a prévenu qu’en raison des blocus opérés par les grévistes sur le dépôt de carburant de l’île nous risquons de ne plus pouvoir faire le plein.
On s’en fout, on s’évade de Bastia en route pour le Cap Corse.
Mais nous nous sommes arrêtés en route à ‘Erbalunga’, village touristique par excellence, mais sans les touristes, c’est beaucoup plus accueillant.
Comme il faisait frisquet, nous sommes revenus vers Bastia et nous avons préféré manger à l’intérieur du resto notre couscous bien chaud.
En montant dans la bagnole de loc, j’eus un mauvais pressentiment.
J’ai compris en arrivant au rond point Nogues que ça allait chauffer ! En fait, on avait dû se retrouver cernés pendant qu’on dînait et tout d’un coup, nous retrouvions avec la bagarre entre CRS et marins derrière nous et les pneus en flammes devant avec une grosse poubelle verte plantée dans du ciment rouge frais et un caddy de supermarché sur le trottoir.
J’avais pas grande alternative, j’ai accéléré et je suis passé sur la plate bande à ras du caddy et à quelques millimètres du bananier, ça m’a rappelé le bon vieux temps des 400 coups en Afrique.
En retombant lourdement sur la chaussée, j’ai vu un CRS qui faisait le sémaphore. Je me suis arrêté à sa hauteur et il m’a tout simplement félicité d’avoir eu l’audace de passer. Puis il nous a confié qu’il n’était pas d’ici et qu’il espérait en repartir le plus tôt possible. Y’a des jours, comme ça, où on sympathise avec les CRS sans bien savoir comment on a pu en arriver là !
Le vendredi, nous avons évité Bastia et nous sommes allés nous balader à Saint Florent et à l’Île Rousse.
En rentrant à l’hôtel, il y avait un type qui revenait de l’aéroport où il avait fait le poireau en vain.
Le samedi nous sommes allé à Aleria où nous avons pris un bain de soleil puis Corte où nous sommes monté jusqu’au belvédère pour prendre la photo du siècle.
Le dimanche, j’ai pu faire le plein un peu avant l’aéroport et le retour s’est passé sans anicroche.
Viva Corsica !!!
Ecrit les lundi 3 et mardi 4 octobre 2005
La question qui fâche :
La Turquie doit elle rentrer dans l’Europe ?
Et la Corse ?
22:24 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : viva corsica, isula rossa, sarkozy, peinture, alchimie
18.06.2007
La vie est un long blog tranquille ..... même à Maputo !
A propos de maximes, vous connaissez peut-être cette tribu dont la philosophie est basée sur la "raison d'être directement liée à la tâche à réaliser" ?
Il faut toujours leur donner une nouvelle tâche à faire, sinon, ils ne finissent jamais la première de peur de devenir inutiles sur cette terre.
Pourquoi tout ce que l'on dit et pense au sujet des étrangers se transforme-t-il systématiquement en racisme ou antisémitisme ?
Il devient impossible d'exprimer un avis sans craindre ce jugement lui-même fort critiquable !
Quand je vivais au Soudan, j'avais un cuisinier Tchadien qui m'avait demandé de lui acheter un vélo pour aller au marché et gagner du temps à la préparation des repas du guest-house ...
demande accordée car la raison invoquée était cohérente ....
mais, après une semaine, pas d'amélioration dans les horaires des repas !
Je décide de le suivre pour essayer de comprendre .... il marchait à côté de son vélo ..... je me dis : "il ne sait pas faire du vélo" et je l'accoste avec cet à priori ....
"non master, mais je ne veux pas l'abîmer, il est si neuf, si beau !!!!!"
Je ne porte pas de jugement en racontant cette petite histoire amusante et sentimentale ..... mais force est de constater que nous avons des formes de pensées et d'agir différentes .... est-ce un crime de dire ça ?
mon cuisinier, je lui ai dit de monter 'fissa' sur son vélo ou sinon, je le reprenais ....
alors, je rigole dans ma moustache quand je vois des employés de couleur qui peinent .... les pauvres ... en France !
Mais ils ne manquent pas de travail ... surtout les sans papier ... main d'oeuvre docile et fragile .... qu'on peut maltraiter et payer avec un lance-pierre !!!!!
je vous cite : "C'est cette durée infinie qui fait de l'Africain un être du présent, sans réelle projections vers l'avenir" (Claude Guillemain)
A un Tunisien qui me demandait une augmentation, je lui demande de justifier sa demande ... sa réponse : "j'envoie de l'argent à ma famille, ils n'ont que moi !"
je vous cite :"C'est peut-être cela qui est le plus difficile à comprendre pour un européen."
Quand on est en afrique, je vous l'accorde, c'est à nous de faire l'effort de nous adapter .... mais pourquoi l'est-ce encore quand ce sont les africains qui sont chez nous ?
et pourquoi ces mosquées et autre lieux de cultes ? et ces foulards à l'école ? ..... en Libye, en Arabie Saoudite, nous ne consommions pas d'alcool ... ça me paraissait normal de respecter les lois du pays !
Peut-être, un jour, marcherai-je moi aussi à côté de mon vélo !!! ????
amicalement.
10:16 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : mozambique, maputo, UMP, politique, racisme, antisémitisme, décalcomanie
22.04.2007
Y'a racisme et racisme ... à ne pas confondre avec le racisme !!!!!
Super !
Emission « l’effet papillon »
Sur Canal Décalé !
Les chinois s’installent en force et en nombre en Algérie.
Le ministre des affaires étrangères aux caméras :
« Ils sont nos hôtes, mais ce n’est pas une raison pour qu’ils s’installent dans toutes les pièces de la maison ! »
Le journaliste :
« Pouvez-vous vous expliquer ? »
Le ministre :
« Ils ne sont pas chez eux, ils n’ont pas à se conduire en terre conquise, ils doivent respecter nos institutions et notre mode de vie et cesser de se construire en communautés s’appropriant nos biens ! »
Je propose que nous invitions le ministre algériens à venir en France répéter aux étrangers son discours !
Mais que font le MRAP, et toutes les assos anti-machin-chose pour faire un procès au ministre algérien ????? !!!!!
14:25 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : algérie, alérien, chine, chinois, racisme, conquête, invasion
05.03.2007
L'Afrique, tu l'aimes ou tu lui fous la paix !
Suite à un reportage dont le sujet était l'ouverture d'un parc en Afrique de l'Ouest (l'unique dans cette région) financé en partie par l'Europe, j'avais été choqué par le commentaire du journaliste qui disait :
"Contrairement à des parcs comme le Krugger où les animaux sont au garde-à-vous devant les bus des touristes ...... ici, les animaux ont encore un comportement sauvage ....."
J'ai donc réagi auprès du médiateur pour lui faire part de mon désaccord.
Il a transmis mon billet au journaliste Dominique Derda qui me répond :
Monsieur,
On vient de me transmettre le message que vous adressé au médiateur de France 2 au sujet de notre reportage sur le parc du W au Niger. Tout d'abord, permettez-moi de vous remercier de l'intérêt que vous portez à notre travail. Permettez-moi aussi de répondre à vos remarques.
Je ne doute pas que vous connaissiez bien mieux que moi les parcs naturels d'Afrique du Sud et d'Afrique de l'Est. Cependant, il m'est arrivé, à moi aussi, entre deux parties de chasse au hamburger, de parcourir ces régions. Figurez-vous que j'en ai vu de mes yeux de ces animaux au garde à vous devant des colonnes entières minibus.
Dans certaines parties du parc Kruger, les plus faciles d'accès, les éléphants sont tellement habitués aux humains qu'ils ne se donnent même plus la peine de lever la tête lorsque des voitures approchent de leur point d'eau. Et je ne vous parle ni des impalas, ni des zêbres qui, eux, viennent brouter jusqu'à la pelouse des "lodges".
A ma connaissance, la seule partie du parc Kruger où les animaux puissent encore être qualifiés de "sauvages" est la région de Pafuri, le long du Limpopo, à la frontière avec le Mozambique et le Zimbabwe. J'y étais au mois d'avril dernier. Là, c'est vrai, les éléphants chargent presque systématiquement les rares 4X4 qui traversent leur territoire. Mais cette région vient à peine d'être ouverte au tourisme et elle est la plus éloignée des grands axes touristiques. Sa situation est donc exceptionnelle.
Si vous êtes allés au Kenya, vous avez sans doute admiré le plus haut sommet d'Afrique depuis le parc Amboseli, là où Hemingway dans les années trente écrivit "Les neiges du Kilimadjaro". Pas une carte postale de cette superbe montagne qui ne la montre avec, à ses pieds, un ou plusieurs éléphants. Difficile, en effet, de manquer ces pachydermes. Du lever au coucher du soleil ils sont en permanence dans l'une des mares qui jouxte l'hotel ou séjournait l'écrivain américain. Là non plus, comme dans le parc Kruger, pas besoin de chercher loin pour les prendre en photo. J'y suis passé en novembre et me ferai un plaisir de vous adresser une copie des images que nous y avons tournées en une demi-journée à peine. On y voit une bonne trentaine d'éléphants. De loin, de près, de face, de coté, de dos. Le problème pour nous fut d'attendre que s'éloignent les innombrables véhicules transportant les touristes. A tout bout de champ ils passaient à proximité des animaux que nous filmions.
Le parc du W au Niger est intéressant à plus d'un titre. C'est l'une des rares zones protegées d'Afrique de l'Ouest. Rien que pour cela il ne me semble pas inutile que nous en parlions. Que l'Union Europeenne ait eu la bonne idee de le subventionner (modestement) n'est sans doute pas ce qu'elle a fait de plus stupide au cours des années passées. Mais, croyez le bien, je ne prends mes ordres ni à Niamey, ni à Bruxelles. J'ai décidé de mettre cette région en lumière tout simplement parce qu' alors que l'Afrique est tant decriée, cette expérience réussie de conservation de la nature mérite certainement d'être mieux connue. Et mieux valorisée.
Si notre modeste reportage vous a donné envie d'y faire un saut et de vous rendre compte par vous même des richesses qu'elle recelle, je ne pourrais que m'en féliciter. Et vous aussi, je n'en doute pas, à votre retour.
Veuillez croire Monsieur en l'expression de ma considération.
Dominique Derda
Correspondent permanent
France 2 Afrique
J'apprécie sa réponse, mais je trouve très sincèrement qu'il se fout de moi et du public....
Avez-vous noté son ton pontifiant et sa faconde de vieux broussard qui a tout vu tout vécu ?
Mais bon, comment lui en vouloir vraiment puisqu'il semble aimer l'afrique.
14:08 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : afrique, animaux sauvages, lion, zèbre, éléphants
08.02.2007
Couleur télé
Vu à la télé :
des SDF de couleurs (en fait des blacks sans papiers) qui investissent un local pour réclamer de meilleures conditions de logement que leur hôtel insalubre.
Encore quelques semaines et le discours changera radicalement :
Des SDF de couleurs mal logés dans des hôtels insalubres EXIGENT qu'on leur procure des logements dignes de ce nom.
Il est vrai que pour celles et ceux qui n'ont jamais vécus en Afrique et ignorent de plus la condition de nos concitoyens résidant dans des tentes de camping, les SDF sans papier mal logés dans des hôtels insalubres aux frais de la princesse à 1500 euros par mois, cela constitue un scandale sans nom.
Quant à moi, je préconise qu'on leur construise des cases (attention, il y a un piège !).
C'était mon petit chagrin du matin sur la condition humaine à deux vitesses ...... quelqu'un peut me montrer le chemin de l'ascenceur social ??????
11:04 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : domicile, résidence, habitation
06.12.2006
Ici ou là
Est-ce que je vous en pose, moi, des questions ???????
Faut-il obligatoirement user de son imagination pour voyager parmi les limbes de son esprit ?
Le voyage ne peut-il être qu'imaginaire ?
Certes, c'est moins engageant et dangereux que le voyage terre à terre en sautant par dessus quelques océans, mais n'est-ce pas aussi encageant.
J'imagine ce gros poussah se levant non sans mal de son fauteuil pour enfiler son pardessus et se couvrir d'un béret éculé pour cacher sa calvitie pelliculeuse, ce con a gardé ses pantoufles.
Il sort et ferme son huis à triple tour, il se dirige nonchalamment vers la boulangerie du coin tenue par une Sénégalaise.
Quand il la voit, ça tourne sous son crâne d’œuf et il voit des drôles de margoulins tout noirs à poil dansant sous la lune autour d’un feu de camp en sautillant et psalmodiant des cris gutturaux et rauques. Quelque part, un homme va mourir par la pratique de cette sorcellerie.
- une baguette s’il vous plaît
Elle le regarde avec compassion, elle se dit que le pauvre homme n’a plus toute sa tête.
Il rentre et s’avachit sur son fauteuil ébréché.
Il tient son rêve comme on serre un enfant contre son cœur …. Pourvu qu’il ne parte pas, pas déjà ….
Y'a plein de pains racis autour de lui.
A quelle heure ferme la boulangerie ?
Dans la maison d'en face, il n'y a personne, toute la petite famille a suivi le chef de famille expatrié à Dakar pour trois ans.
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09:44 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, afrique, littérature
18.04.2006
Les voies obscures et abscons de la renommée
Les voies obscures et abscons de la renommée
Ma première visite fut pour le site de Cyrène. Je devais y retourner bien des fois ensuite. Cyrène est l’un des plus beaux paysages, des plus historiques, des plus chargés d’ombres du passé de vestiges et de ruines qu’il m’ait été donné de visiter.
Le tourisme étant interdit en Libye, le site est désert. Il n’est que peu protégé, et on y accède tout à fait librement.
Le site peut se concevoir en trois parties.
La partie haute, où résidaient les riches marchands, leurs épouses et esclaves, est constitué de palais, de temples et de grandes maisons bourgeoises écroulées dont subsistent les fondations et quelques fours ayant résistés au temps. Le tout, arboré de peupliers d’Italie et de cèdres du Liban.
La partie médiane, dans la pente qui descend vers la mer, où vivotaient les pauvres, les esclaves trop âgés et les étrangers échoués là et où sont encore visibles des tombeaux creusés dans la roche et protégés d’épaisses grilles de fer.
Enfin la partie basse, c’est l’ancien port où vivaient les marins et les bandits de tout poil. Il y a trois kilomètres de pente raide entre la partie haute et le port.
Dans la partie haute a été aménagé un petit musée où sont exposées les fameuses « Trois Grâces », Venus Callipyges, qui furent trouvées sur place, ainsi que biens d’autres richesses archéologiques.
Dans la roche, ont été creusés des thermes qui sont toujours alimentés par de l’eau de source qui s’écoule d’une rigole qui court dans le mur à hauteur d’homme.
Plus loin, une piscine, décorée de petits carreaux de faïence bleue, bouillonne d’une eau limpide. De cet endroit on peut aussi voir toute la vallée qui descend jusqu’à la mer.
Les meilleures choses ont une fin et je fus appelé à de nouvelles fonctions.
Sans transition, je me retrouvais à Khartoum capitale du Soudan. Je devais me débrouiller pour que les factures soient payées à une grande entreprise Française qui creusait un canal du côté de Jonglei.
Les fortes températures et le soleil harassant additionnés au foutoir administratif eurent raison en moins d’un an de ma détermination et j’embrassais, en les quittant, mes nouveaux amis en cachant une larme qu’ils n’avaient pas méritée.
Le soleil est partout, je fis cette découverte en arrivant à Dakar du Sénégal. La banque Centrale m’y avait appelé pour les aider à mettre bon ordre dans les comptes de ses clients banquiers. Mais la corruption m’a encore rattrapée et je dus fuir à nouveaux les menaces non voilées d’avoir à m’occuper de mes propres contrariétés.
J’ai pris la route de l’Afrique du Sud et j’ai bien cru avoir enfin trouvé le bonheur espéré. Tout me plaisait, tout semblait fait pour mon plus grand plaisir et je ne me privais pas d’en user d’en abuser. Mais la politique nous a écartelé et les pauvres Français furent expulsés sans tambours ni trompettes pour des raisons simplettes d’incompatibilité d’idées. J’ai tout fait pour ne pas partir, partir une fois de plus, une fois encore …. Mais le boss m’a montré la porte et la messe était dite.
Je me sentais las, altéré et affamé, sale, crotté, bouseux, et découragé.
L’après-midi était déjà bien avancé et je pouvais voir le soleil descendre implacablement vers l’horizon.
Devant moi se présentaient d'innombrables voies. Point de flèches pour en signaler les directions, impossible de faire demi-tour, il aurait fallu repasser toutes les épreuves et je n’en avais plus le courage, mais en y regardant à deux fois, il me parut évident que chacune de ces bifurcations conduisait à un endroit précis.
Il me fallait, à cet instant, analyser le chemin parcouru pour mieux en déduire les perspectives qui s’offraient à moi.
Ma première conclusion fut de considérer que j’avais enfin acquis les principes de bases et que mes expériences douloureuses m’avaient affranchi des techniques fastidieuses.
Il me parut également évident que ce n’était qu’un début et que je devrais faire un choix parmi toutes ces techniques pour en retenir une ou deux qu’il me faudrait approfondir jusqu’à un niveau d’expertise.
Ainsi ragaillardi, je scrutais les pistes s’ouvrant à ma perception.
L’une, de toute évidence, m’entraînerait vers un renoncement à tout ce que j’avais fait à ce jour. Cette voie était toute droite, goudronnée et ses accotements bien stabilisés. C’était la route de la renonciation, la plus facile et la moins fatigante puisqu’elle présentait une perspective toute plate.
La seconde montait sinueuse et terreuse vers une colline de petite hauteur. Moins facile que la première, elle n’en restait pas moins accessible et ressemblait fort à celle que j’avais empruntée jusqu’ici. C’était, me dis-je, l’espoir d’exploiter à court terme mes connaissances acquises, d’en récolter les fruits et de mettre, enfin, un peu de miel dans ma vie.
La troisième, était à peine visible, abrupte, parsemée de rochers, entravée de buissons épineux et semblait se diriger vers des escarpements sans fin. C’était à n’en pas douter la voie de l’effort et des renoncements, perdre tout ce que j’avais thésauriser pour tout reprendre à zéro. Il me faudrait passer la nuit au milieu de ces épineux, y déchirer mes pauvres loques, y lacérer ma peau desséchée et tannée et subir, qui sait, les assauts des animaux sauvages qui ne manqueraient pas de s'y cacher. Et tout cela pour quelle récompense ? L’anonymat, la pauvreté et la misère.
Enfin, je pouvais distinguer de minuscules départ de pistes allant dans toutes sortes de direction, émaillées de traces de pas ayant couché l’herbe mais qui paraissaient se perdre à courte vue. Je devinais les pas de tous ceux qui s’étaient perdus en de vains errements, incapables qu’ils avaient été de choisir parmi les trois directions principales. Les restes de leurs carcasses devaient se trouver là, pas bien loin.
J’en étais là de mes observations et mon ombre sur le sol poussiéreux s’étirait derrière moi.
Plus j’attendrai et plus je risquais de devoir choisir le renoncement car la nuit tombante m’y obligerai.
Mais si je choisissais la seconde route, ne serais-je pas déçu, à terme, d’avoir pris une option qui me conduirai à une maigre reconnaissance sans grand mérite ?
Et que pouvait bien cacher la troisième ? Les épreuves ne sont-elles pas le seul moyen de se connaître soi-même ? La difficulté n’est-elle pas la seule chance d’une véritable reconnaissance par les autres ?
J’évaluais les sacrifices qu’il me faudrait encore faire après tous ceux déjà accomplis.
Ne pouvant me décider, je décidais de m’asseoir et de reprendre des forces.
La nuit, doucement, a posé son manteau de noir ivoire sur mes épaules, je me suis allongé puis lové et réfugié dans mes rêves dorés.
Et c’est comme ça que je me suis fait écrasé par le bus de vingt deux heures trente cinq.
15:10 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
Chroniques africaines
Savons-nous le goût de la nostalgie ?
Ca m’amusera (on fait avec ce qu’on a) toujours ces hurluberlus qui ne sont jamais sortis de leur trou à rat et qui viennent vous parler sous le nez de l’Afrique !
Ils vous en parlent très exactement comme ils vous parleraient du boulevard saint-michel ou de la gare st lazarre ou de la rue du général de gaulle à rueil-malmaison.
Pour eux, l’afrique est une histoire de quartier , ils pensent à leur charcutier, au débit-de-boissons-tabac-journaux-tiercé-brasserie, à la boulangère et ses petites miches, au gardien du square, au facteur, à la voisine …. Et surtout aux images dans le poste qui télévise et dans lequel on peut voir, dans certains films, des hommes de couleurs dans des huttes aux toits de chaume …. Qu’importe s’il s’agit en fait d’un documentaire sur l’amazonie, tous les noirs se ressemblent.
Alors, ils s’évadent vers ces lointains horizons, à dos de chameau ou en 4x4 ….. qu’importe le voyage, à l’arrivée c’est toujours des peuplades à moitié nues qui dansent autour d’un grand feu avec des sagaies à la main ! et là, il y a danger car une grande marmite est posée sur le grand feu et ils se disent qu’ils vont faire les frais du repas et c’est le charcutier qu’ils voient s’avancer avec son hachoir à saucisses.
Quand moi y’en a penser à l’Afrique, moi y’en a pas y penser comme ça.
L’afrique est un vaste continent.
J’y vois des hommes et des femmes, des émotions, des sentiments, des paysages, des villes, des mers, des animaux, des arbres gigantesques baobab, des fleurs des ibiscus des flamboyant des ilang-ilang des bougainvilliers il y a des odeurs, des parfums de musc et d'encens de santal et d'ambre …. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, l’afrique est immense et pourtant je ne suis pas où j’aimerais être, cet endroit idyllique ce petit coin de paradis qui contient le tout.
Parlez moi encore de l’afrique, emmenez moi aux god windows à pilgrim rest à zinkwazi aux chutes du zambèze au kruger park à omdurmann à la chasse aux perdrix dans le bush à la recherche des geisers d’eau salée et chaude et des pierres silicifiées du désert Lybien aux ruines de cyrène aux hespérides de tolmétha au festin des lions à la marche terrifiantes des troupeaux de buffles et à celle imposante des éléphants aux rives du nil au pied des pyramides à l’océan indien à malakal dans ma case gabonaise mon lodge à sodwana en kwazoulou land ou dans le dragensberg et le braï du pilanesberg ….. mais ne me parlez plus jamais de lagos.
Tan que je vis encore, j’irai revoir mes rêves.
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