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Ô Corsica Ô Isula d’Amor

Vieille note de 2005 que je n'ai pas retrouvée et que je remets là !

 

 

 

 

Dimanche 25 Septembre 2005

 

 

Orly  Ouest 15h30   -  Airbus A320

 

Le commandant a mis les gaz et le zingue a décollé.

Le temps de boire une bière et ‘bon giorno’ Bastia.

Vingt sept degré.

Le taxi nous embarque, son chauffeur est loquace, j’aime pas les chauffeurs de taxi loquaces, ils vous prennent la tête pour mieux cacher leur filouterie.

Il nous dépose en haut de l’avenue Jean Zuccarelli.

24 kilomètres 50 euros, je ne m’étais pas trompé.

 

La chambre est assez grande, il vaut mieux pour y passer sept nuits, sans Aladin ni Shéhérazade mais avec La Rousse.

Petite bouffe au ‘Brigantin’ sur le vieux port, un pinard super corsé sur deux rougets de l’île dont un pas frais-frais (je parie qu’ils n’ont même pas eu le temps de lire le code Napoléon).

Une longue marche en pente raide pour remonter jusqu’à l’hôtel (des voyageurs) et favoriser une digestion tranquille.

 

 

Lundi 26 Septembre 2005

 

 

Les missions se suivent et ne se ressemblent pas.

Je suis si tanné que presque plus rien ne peut m’épater.

J’ai été accueilli avec indolence, tolérance, indifférence, impatience, déférence … dans des circonstances de toutes sortes, par des personnes de tous types, des gentils, des méchants, des pros, des imbéciles, des peureux, des vicieux ….. Maintenant, je ne fais presque plus attention.

Je viens faire mon petit numéro de sapiens sapiens je l’agrémente de quelques plaisanteries fines ou grasses selon l’auditoire, et je laisse une large place à l’improvisation.

Il faut parfois plusieurs répétitions du même morceau de la partition avant qu’il ne soit compris, une fois, je suis tombé sur des loustics qui avaient terminé les exercices y compris les plus difficiles avant même que je ne leur demande de commencer …. C’était chez Ariane Espace …. de vraies fusées, ces gars là !

 

Mais aujourd’hui, c’est autre chose.

Si je plante le cours, je me retrouve ici pour sept jours à glander et ça risque de me coûter la peau des couilles qui sont plutôt chagrins en ces temps de marasme pandémique, sans parler de la réputation qui s’en suivra en me précédant en tous lieux.

 

Je descends jusqu’à la Sous Préfecture qui jouxte le Conseil Général de Haute Corse.

La courroie de mon vieux portable me scie l’épaule, mais pas question de me séparer de mon extension cervicale.

Le planton ne me demande pas mes papiers malgré le plan Vigipirate et contrairement à ce qu’on m’avait annoncé.

Il me demande seulement qui je viens voir ?

C’est pas l’envie qui me manque de lui répondre ‘Bonaparte’ ou ‘Talamoni’, ou ‘Tino Rossi’, mais je suis trop sur le qui-vive pour tant d’esprit et je m’entends lui répondre sur un ton presque niais :

« je sais pas, je me souviens plus ».

Il me désigne l’entrée de la Sous préfecture et me dit :

« Ils vont vous renseigner ».

La file d’attente pour le guichet de renseignements déborde sur le trottoir de l’entrée. J’estime à au moins trois heures l’attente qui m’attend. Et puis j’ai l’impression que mes neurones sont calaminés, je sens confusément que quelque chose ne tourne pas rond mais impossible de dire quoi.

D’autres personnes ne cessent de se joindre à la queue qui n’avance pas d’un millimètre. De plus, je constate que la file est sur quatre rangées alors qu’il n’y a qu’une seule personne au guichet.

Il y a décidemment quelque chose qui cloche, mais quoi ?

J’aperçois un flic qui se cache presque derrière le guichet. Je bouscule deux ou trois personnes pour sortir de la queue et je vais à sa rencontre. Je le regarde droit dans les yeux pour qu’il comprenne de loin que je vais avoir à faire à lui, mais son regard se perd dans des conjectures insondables. Comme je suis à présent tout près de lui, il ne peut plus faire semblant de m’ignorer.

« Monsieur l’agent, ce guichet de renseignements est-il commun à la Sous préfecture et au Conseil Général, je vous prie ? »

L’homme se détend brusquement, comme si on venait de lui retirer une épine du pied.

« Non, Monsieur, seulement la Sous Préfecture. Venez, je vais vous montrer l’entrée du Conseil Général ».

 

 

A la réceptionniste qui ne m’a rien demandé en espérant de moi une tacite réciprocité, je décline mon identité (dont elle se bat la paupière) et l’objet de ma visite  (dont elle se bat l’autre).

Son regard expressif me répond sans ciller que mes affaires ne sont pas les siennes et que le fait d’être préposée à la réception n’implique pas nécessairement qu‘elle ait à renseigner les indigents.

« Essayez voir au service informatique, premier étage par cette porte là bas. » finit-elle par me concéder en désespoir de cause de me voir resté planté devant sa banque à l’empêcher de philosopher.

Je ne suis pas parti que ses yeux verts ont repris le chemin de ses rêvasseries.

 

Au dit service informatique, je suis accueilli par des hourras dignes des stars du foot.

Non, je blagueeeee !!!!

Rien, ni personne pour m’acclamer, juste un jeune Corse beau comme un ‘bigorn Khoz’ pour me demander d’où c’que c’est-il que je cherche-t-il à me rendre ?

Je montre ma trop fameuse patte blanche, celle qui m’a permis de m’illustrer en maints offices.

La Christine, sortie comme une épeire de sa toile m’emmène dans sa tanière, un petit bureau dont la température frise les trente degrés.

 Je sors mon mouchoir de papier (comme d’autres exhibent leurs chevaux de pacotilles) et m’éponge la face, le cou, les oreilles et tout l’restant. 

Elle minaude, la finaude :

« Y’a tromperie sur la marchandise », je redouble de buées,

« comme quoi que le cours que je viens dilapider en ces lieux corsicotes n’a rien à voir avec ce que les autochtones attendaient …. !!!! »

 

Je frôle les quarante cinq degrés et ma chemise est sous pressing.

 

Heureusement, un Corse pur jus, i. e. ressemblant trait pour trait à Napoléon, nous rejoint et me demande :

« Comment comptez-vous tenir trois jours sur les sauvegardes-restaurations quand le sujet se traite en trois minutes ? »

 

Le ton est donné !!!!!!!

 

Je renonce à m’éponger, autant laisser pisser !!!

Je toise le Napoléon d’opérette de sous ses narines (le bougre fait une tête de plus que moi).

« Ouaip, trente secondes, pendant qu’on y est !!! vos sauvegardes, ça doit ressembler à de l’art contemporain, trois coups d’pinceaux et une cuillère à pot ! si c’est pour faire n’importe quoi, effectivement, vous n’avez pas besoin de moi. »

Le clone de Napoléon se renfrogne comme une bigote privée d’eau bénite par une grève imprévisible des aiguilleurs du ciel ou un blocus des grottes de Lourdes par des païens bigouden.

 

Je ne suis plus qu’une fontaine mais une fontaine charriant des miasmes d’urée poisseuse.

 

La Christine me rassure en m’apprenant qu’aucune salle n’a été retenue et qu’elle cherche un lieu dans lequel je pourrais donner ma messe aux curieux fidèles curieux.

 

J’en profite pour visiter les gogues à défaut de catacombes.

 

Après une bonne heure de tergiversations palabresques la salle 1113 nous est dédiée.

 

 

 

Nous nous retrouvons bientôt douze dans la grande salle de conseil totalement inadaptée pour une formation. Je demande qu’on m’apporte sur le champ un tableau et des feutres.

Si je vous dis que l’ambiance est lourde, vous allez vous dire : on le connaît, le Yfig, il a toujours tendance à enjoliver, à en rajouter, à exagérer …. Ben mes colons, pour une fois, je suis bien en dessous de la vérité. L’ambiance n’est pas lourde, elle est étouffante, stressante, ECRASANTE !

Pour débuter sur une note légère, je leur propose de se présenter rapidement : prénom, fonction et bénéfices attendus de cette formation.

 

Le faux Napoléon  me rétorque : « et si vous commenciez par vous présenter ? »

 

BOUM ! Merdre, les Corses sont dignes de leur réputation ! Pas la réplique au fond du pantalon, pas la langue en bois d’arbre au fond de la gorge !

 

Je saute (heu …. C’est une façon de parler qu’il vaut mieux éviter ici) sur l’occasion pour me mettre en valeur :

« Yfig, cherchez pas, c’est Breton ! »  (et ça voulait dire :’Corse, c’est bien gentil, mais ça n’a jamais fait un demi Breton’.)

 

Je ne m’attends pas à des exclamations, à des cris d’admiration ou des jurons de charretier, mais le silence qui m‘entoure ne laisse rien présager de rassurant.

J’ai la soudaine impression de me retrouver au milieu d’une tranchée de 14-18 avec la menace d’une pluie de grenades imminente.

Leurs yeux exorbités et rouges à la fois de colère et d’outrage me fusillent plus sûrement qu’un peloton de fusillés marins.

Ma dernière minute est décomptée.

 

Le plus à ma gauche décide de rompre l’omerta et se présente, très succinctement.

Les autres suivent.

Ces charmantes civilités passées, j’engage le combat, le vrai !

 

J’en suis à peine à la fin de ma troisième phrase que le prétendu Napoléon me jette à  la face :

« Bon ! tout ça on le sait déjà, alors si vous n’avez rien à nous apprendre, je vois pas à quoi on va passer le temps ! »

 

Ce con me fatigue, je décide de frapper fort et je lui balance une de mes bottes secrètes sous la forme d’une question-affirmation insidieuse :

« Vous savez aussi comment sont organisés les blocks de données sur le disque dur ainsi que les paramètres du intit ora qui les déterminent et je ne vous fais pas l’affront de vous rappeler le mode de gestion interne de la ‘FAT’ ! ? »

 

Ah ! C’est marrant comme ça calme !!!!

 

Je pousse mon avantage en leur balançant :

« Je ne vous fais pas perdre votre temps à vous expliquer la dichotomie et les principes du ‘B Tree’ pour la gestion des indexes ! »

 

Une dame dont j’ignore tout s’exclame :

« Ben ! moi, je veux bien qu’on m’esplique ! »

 

Pis quoi, encore ! ?

 

J’enchaîne, ignorant la pauv’dame, sur la stratégie des ‘tablespaces’ et leur adéquation avec les contrôleurs disques pour un bon ‘load balancing’.

Sentant mon assistance totalement submergée par mes allégories, je pousse le bouchon encore plus loin en leur produisant des ‘pctfree’, des ‘pctextent’, des ‘initial extents’,  en leur décrivant par le menu le fonctionnement des ‘rollback segments’ et en passant in extenso à la problématique des bases de données réparties et des ‘snapshots’ concomitants.

 

 

 

 

C’est l’heure d’aller déjeuner et mes attentifs élèves ne me regardent plus avec les mêmes regards hostiles. Je demande s’il est possible de lire mes mails sur internet, un gars affable comme un cerbère me désigne du doigt un poste. Je suis rejeté par le ‘fire wall’, je voudrais bien un conseil, mais ils se sont tous dispersés comme volée de moineaux sans me proposer, non plus,  aucune solution de sustentation.

 

L’après-midi est plus décontracté, un élève est absent.

Je réponds à une avalanche de questions sur les sauvegardes-restaurations tout en précisant que nous sortons du cadre de la formation du jour et que je ne le fais que dans un esprit de conciliation non condescendant.

Deux autres élèves demandent à se retirer en raison du niveau technique de la formation en inadéquation avec leur propre niveau. Ceux là ne connaissent que le ‘tnsname’.

 

Les premières blagues sortent de leur étui capitonné, il semblerait que les Bretons ne soient pas ennemis des Corses dans la mesure, bien sûr, où les dits Bretons acceptent le respect dû aux Corses …..

 

Je rentre à l’hôtel parfaitement épuisé, tant physiquement que mentalement. Il y a, comme ça, des jours où je regrette un peu quand j’oeuvrais comme manœuvre sur les chantiers de Renault à Sandouville.

 

 

Après une douche, nous descendons jusqu’au vieux port pour un petit restau bien mérité.

 

Le retour est mon chemin de croix, le lit mon sépulcre.

 

 

 

 

 

 

 

Mardi 27 Septembre 2005

 

 

Nous changeons de salle pour nous retrouver dans une petite salle bien aménagée avec tout ce qu’il faut pour travailler.

 

La journée se passe sans trop de heurts, les Corses ont bien quelques velléités d’insoumission, en particulier en m’attaquant sur le fait que je n’utilise pas les interfaces graphiques et que je tape toutes les commandes à la main ; mais je calme leurs ardeurs par des démonstrations fumeuses sur l’utilisation hasardeuse des outils basés sur les interfaces graphiques qui ne prennent pas tous les paramètres en compte et font que la cohérence des données est mise en cause.

 

A la fin de la journée, la démonstration est faite et plus aucune idée d’insurrection ne semble subsister, d’ailleurs, ils décident d’un commun accord d’abandonner définitivement l’interface foireuse.

 

Faut savoir se faire respecter.

 

Je me sens bien moins crevé.

Une douche, un coup d’œil et d’ouïe vite fait aux infos à la télé car on y parle de Bastia et de la SNCM.

Restau sur le vieux port et escalade jusqu’au plumard.

 

 

 

Mercredi 28 Septembre 2005

 

 

 Les lourdes grilles grises de la sous-préfecture sont closes et une cinquantaine de CRS en armes, casques, bâtons et boucliers transparents sont alignés sur quatre rangs juste derrière les grilles.

Bon ! je ne disconviens pas que je n’ai pas été tendre avec mes stagiaires hier, mais, une, c’était pour leur bien et deux, la riposte me semble fort disproportionnée.

Je tente une manœuvre spectaculaire et m’avançant tel le chevalier sans peur et sans reproche, je frappe de mon auriculaire recourbé le fer de la grille comme je le ferais à l’huis d’une porte de bois ordinaire.

Je crois voir luire une très brève lueur d’amusement dans l’œil cruel du CRS à la gauche de la première rangée.

Le planton me reconnaît (ou fait semblant) et m’ouvre.

 Je passe avec assurance devant la haie de CRS, je me sens important.

 

Si la réceptionniste semble n’avoir pas bougé d’un millimètre depuis la dernière fois que je l’ai réveillée de sa torpeur, c’est le branle bas de combat dans les couloirs du Conseil Général

De petits groupes de trois ou quatre personnes s’agglutinent un peu partout obstruant le passage et parlant avec véhémence des évènements extérieurs.

Je me mêle à un groupe de quatre dans lequel une jeune femme me semble supérieurement excitée et vociférante. Elle dit que son mari est marin à la SNCM et que le gouvernement ne vise que le trésor de guerre de la compagnie résidant dans sa flottille d’une dizaine de rafiots dont la valeur serait estimée à plus de quatre cents millions d’euros. Elle prétend, la bougresse, qu’une fois vendue, la SNCM bradera ses navires pour financer les fonds secrets de campagne présidentielle de 2007 de de Villepin. Et pour mieux convaincre son auditoire ébahi, elle affirme haut et fort qu’elle est prête, elle, à racheter la SNCM et à conserver l’ensemble de son personnel et gagner plein de fric en surplus !

Les Corses ont donc un peu de Marseillais qui pétille en eux ! A moins que ce ne soit le contraire ?

 

Je me faufile vers un autre groupe de trois personnes qui semblent plus discrètes.

Un grand gaillard, que j’ai déjà entraperçu les jours précédents, harangue les deux autres et moi sur le thème des privilèges exorbitants des fonctionnaires de la SNCM qui travaillent un mois sur trois vu qu’ils sont toujours soit en congés soit en maladie ….. ils parlent en ancien francs, mais ne le comprenant que plus tard, je suis abasourdi par les sommes pharaoniques dont il est question. Le marin gagnerait 18000 par mois et le commandant plus de 30000 ….. bon , même convertis en euros ça fait encore pas mal. Puis il renvoie dos à dos la CGT et la STC, en les accusant d’ambitions limitées à se partager la galette.

 

Je finis par apercevoir un de mes élèves en grande conversation avec quelques autres. Je m’approche subrepticement du groupe et je tends la main au simili Napoléon qui me la serre sans animosité aucune.

« Ca va pas être facile pour vous de faire le cours aujourd’hui » me lance-t-il avec une certaine joyeuseté dans la voix.

Pour ne pas être en reste, je lui rétorque :

« Je vous remercie des super efforts théâtraux que vous m’avez réservé pour l’accueil de ce matin à la grille, mais vous n’étiez pas obligé. »

Je marque le point et il va à la fenêtre voir un peu de quoi il retourne.

« Nous, on passe par derrière avec nos voitures, alors j’ai pas vu qu’il y en avait autant. »

 

 

Après une heure trente, nous nous retrouvons en comité restreint dans la salle de formation.

Puis, les stagiaires entrent et sortent à tour de rôle. Nous finissons par nous retrouver à deux avec Napoléon.

Et pour couronner le tout, vers 14 heures trente, on vient nous prévenir de quitter les locaux du Conseil Général avant 16 heures car un assaut des manifestants est probable.

 

Je remonte jusqu’à l’hôtel pour m’écrouler sur le lit et y dormir plus d’une heure.

 

Bastia brûle-t-il ?

Par la fenêtre de l’hôtel, nous apercevons un épais nuage noir non loin de la sous préfecture. Des pneus, à n’en pas douter.

Malgré cette chaude ambiance, nous dirigeons nos pas vers le vieux port en faisant un large détour pour éviter le centre des échauffourées.

La place Saint Nicolas est déserte et les cafés servent normalement les clients à la terrasse. Nous prenons l’apéritif comme si de rien n’était.

Puis nous choisissons de rester là pour le dîner.

En remontant, comme tout est calme, nous décidons de remonter par l’avenue du Maréchal Sébastiani.

En bas de l’avenue, au carrefour de Novelty, quelques carcasses de pneus finissent de cramer et l’odeur âcre de la fumée noire nous encourage à accélérer le pas. Des pierres et des morceaux de ferrailles jonchent le pavé, quelques pots de fleurs de terrasses de cafés gisent éventrés sur le trottoir, mais aucune vitrine, aucune voiture ne semble touchée.

 

 

Jeudi 29 Septembre 2005

 

Les grilles sont toujours fermées, mais il ne reste qu’une petite poignée de CRS.

 

Une élève s’est fait porter pâle.

 

Les autres sont de plus en plus dissipés, surtout depuis que je leur ai appris que le reste du cours n ‘était que du blabla et que les exemples du bouquin qui leur a été vendu 45 euros sont tous faux, archi faux.

Malgré tout et malgré leur insistance à parler d’autres choses, je continue sur le plan de cours afin de ne pas avoir de réprimande ultérieure sur un sujet contractuel non abordé.

Plus personne ne me prête attention, je me surprends à rire de moi-même en train de parler au rétro projecteur qui n’a rien à foutre de mes élucubrations.

 

Puis j’annonce solennellement que le programme est bouclé et que nous pouvons aborder les sujets qui les intéressent.

Alors commencent une folle sarabande de questions/réponses sur les stratégies à adopter pour limiter au maximum les risques de pertes de données et les mises en indisponibilités des données pour les utilisateurs qui ne comprennent pas qu’il faille du temps pour restaurer des environnements esquintés ….

Je leur propose de ‘mirorer’ les environnements stratégiques et leur explique comment s’y prendre.

 

Vient finalement le moment de nous quitter et, pour eux, celui de remplir les ‘fiches d’évaluation du formateur’.

Cette séance nous vaut de furieux éclats de fous rires.

Ils demandent dans quelle case ils peuvent mettre leurs commentaires personnels et faire savoir que le formateur est le plus irrespectueux qu’il leur ait été donné de croiser et que son impertinence ajoutée à sa propension à insulter le peuple Corse représente à leurs yeux le plus abject délit d’insurrection qui se puisse être ….  Ils se défoulent et ça me fait rire aux larmes. Je me vois même accusé d’avoir abusé de la langue Anglaise et d’ignorer la plus belle de toutes les langues, la Corse !

Nous nous sommes séparés sur une vigoureuse poignée de main.

 

 

Ensuite, nous avons loué une voiture pour pouvoir profiter à fond des deux jours à venir.

Les rues étaient de plus en plus couvertes de détritus de toutes sortes, ce qui, hier, ressemblait plus à une gentillette représentation folklorique qu’à une empoignade sérieuse, tournait au vinaigre et les esprits s’échauffaient crescendo pour finir en bataille rangée.

 

La dame de l’agence de location nous a prévenus qu’en raison des blocus opérés par les grévistes sur le dépôt de carburant de l’île nous risquions de ne plus pouvoir faire le plein.

 

On s’en fout, on s’évade de Bastia en route pour le Cap Corse.

Mais nous nous sommes arrêtés en route à ‘Erbalunga’, village touristique par excellence, mais sans les touristes, c’est beaucoup plus accueillant.

Comme il faisait frisquet, nous sommes revenus vers Bastia et nous avons préféré manger à l’intérieur du resto notre couscous bien chaud.

 

En montant dans la bagnole de loc., j’eus un mauvais pressentiment.

J’ai compris en arrivant au rond point Nogues que ça allait chauffer !

En fait, on avait dû se retrouver cernés pendant qu’on dînait et tout d’un coup, nous retrouvions avec la bagarre entre CRS et marins derrière nous et les pneus en flammes devant avec une grosse poubelle verte plantée dans du ciment rouge frais et un caddy de supermarché sur le trottoir.

J’avais pas grande alternative, j’ai accéléré et je suis passé sur la plate bande à ras du caddy et à quelques millimètres du bananier, ça m’a rappelé le bon vieux temps des 400 coups en Afrique.

En retombant lourdement sur la chaussée, j’ai vu un CRS qui faisait le sémaphore. Je me suis arrêté à sa hauteur et il m’a tout simplement félicité d’avoir eu l’audace de passer. Puis il nous a confié qu’il n’était pas d’ici et qu’il espérait en repartir le plus tôt possible. Y’a des jours, comme ça, où on sympathise avec les CRS sans bien savoir comment on a pu en arriver là !

 

Le vendredi, nous avons évité Bastia et nous sommes allés nous balader à Saint Florent et à l’Île Rousse.

En rentrant à l’hôtel, il y avait un type qui revenait de l’aéroport où il avait fait le poireau en vain, pas un avion !

 

Le  samedi nous sommes allé à Aleria où nous avons pris un bain de soleil puis Corte où nous sommes monté jusqu’au belvédère pour prendre la photo du siècle.

 

Le dimanche, j’ai pu faire le plein un peu avant l’aéroport et le retour en avion s’est passé sans anicroche.

 

Viva Corsica !!!

 

 

Ecrit les lundi 3 et mardi 4 octobre 2005

Commentaires

  • C'est Brizitte qui fait des merguez sur la place de la Défense !
    Elle crame des vieux pneus et ses vieilles culottes en nylon !

  • Mon allocutation à la tribune de "Yfig ex nihilo" - sobre mais fatale :


    "Le monde va comme il va depuis si longtemps qu'il pourra bien encore durer quelques années histoire de faire taire les mauvaises langues comme les oiseaux de mauvais augure. Je n'en dirai pas plus : je ne veux plus déflorer les secrets de l'avenir aux impécunieux du futur !"

  • Bien bel ami .... sais-tu bien que Balzac écrivit (te plagiant) cette phrase mot pour mot ....

    L'horrible saligot !

  • AH !!!
    Padon, non, c'était Maupassant !!!

    Saligot quand même !

  • Après moult recherches, il s'avère que le plagiste n'était autre que Prout !!!

    Autant en emporte l'évent !!!!!!

  • Serait-il envisageable .... voire .... possible que je suisse trompé ?

    Une vieille littéraire dont je tairai le nom et masquerai l'haleine me souffle que je me suis emberlificoté les pinceaux !!!
    En fait, la phrase scélérate serait d'Onfray ....

    Nous nous obscurcissons !!!!!


    noz vad

  • Le ouistiti Zemmour qui défraie régulièrement la chronique des médias joue très bien le rôle du petit juif borné sorti de son ghetto comme par miracle ; on espère quand même que ce n'est qu'un rôle de composition et qu'il ne lui colle pas trop à la peau ...

    P.S C'était la minute judéophobe !

  • C'est Paul Valéry qui parlait des métiers paradoxaux où l'on ne tient son rôle qu'en se mettant en scène, où l'auteur de soi-même est tout autant l'auteur de son œuvre. Voltaire et Hugo étaient des personnages publics tout autant que des écrivains de cabinet.

    Certains écrivains du XXe se cachèrent toute leur vie en espérant échapper à leurs biographes - du coup leur absence devint encore plus pesante - ils rejoignirent le mythe.

  • Oui, c'est pour ça que j'aimerai avoir le don d’ubiquité !
    Pour le moment j'arrive à peu près à avoir celui de l'ambiguïté .... mais, comme tu le dis si bien : "l'auteur se met en scène de ménage avec lui-même pour échapper à son surmoi !"

  • Tiens ! au fait Houellebecq s'est marié à une Chinoise … encore des singeries pour un futur roman ? Comme j'ai essayé de rouler une asiatique aux yeux bridés ...

  • "Pendez tous les blancs !" a dit Nick Conrad ; bon d'accord mais s'ils sont mariés à des Chinoises doit-on pendre la Chinoise aussi ?

  • ça dépend ....

    Est-ce qu'elles sont blanches les chinoises ?


    Attention !!!! encore une mauvaise réponse et vous êtes éliminé !

  • « Je viens d’un pays qui a fait beaucoup d’erreurs, beaucoup de mauvaises choses » E.M.


    Ce qui est chic c’est qu’avec un président qui s’excuse d’exister on va pouvoir faire toutes les sottises qui nous passent par la tête – nous serons d’avance excusés par notre lourd passé … et passif !

  • Je sais pas TOI ! ?
    Mais moi, putain, j'ai une de ces hontes d'être une pourriture de français qui a commis tant de mauvaises choses pour cacher mes erreurs !

    il est ignoble !

  • Macron essaye de se refaire une virginité sur le dos de l'histoire de France … c'est chez ses amis musulmans qu'il a dû apprendre l'art de la dissimulation !

  • ça n'est pas donné à tout le monde d'être choisi comme champion de la terre ... surtout quand Marcel Campion se retire de la foire de Paris !
    des champions on n'en manque pas !
    champion des mangeurs de choucroute, des avaleurs de yaourts des gobeurs de p'tits suisse, des mangeurs de pizzas et autres amateurs d'omelettes ....
    mais champion de la terre ... ça doit pas être facile à avaler ?

  • Ca y est : on m’a encore pris chez Brighelli pour Eric Zemmour le crispant !

    Non ! non ! Je n’ai ni un destin ni un suicide français dans la poche … je suis juste la gorge profonde de l’humanité !

  • – Le sexe pour échapper à la mort.
    – La mort pour échapper au sexe.

    Et on recommence …

  • j'avais surtout remarqué le même oeil torve et le bouche en biais .... genre Quasimodo !!!

  • L'amour est une chose décidément étrange …


    Kim Jong Un serait tombé amoureux de Donald Trump ! Le petit gros et la grande blonde … quel couple fantasque !

  • Toi .................. tu nous ferais bien une petite crise de jalousie !!!!!

  • Emmanuel Macron à Saint-Martin île des Caraïbes : très à l'aise avec les petits négrillons, il les cajole, les flatte, les caresse … je ne sais pas s'il tapotait la joue des membres du directoire de la banque Rothschild ?

  • Il tombe sur un jeune braqueur nègre tout juste sorti de prison et lui dit très paternaliste :" C'est fini tout cela ! Il ne faut plus recommencer …" Si c'était un Chti du côté de Douai il lui aurait dit "Espèce d'alcoolique dégénéré, descendant d'une bande de mineurs polonais illettrés, je vais te faire passer le goût de la maraude !"

  • Et le petit délinquant reconnaissant lui fait un doigt d'honneur !

    L'honneur .... y'a rien d'mieux !

  • Une fois les caméras parties le pauvre président qu'est-ce qu'il a pris !


    https://www.youtube.com/watch?v=nyaFOd3VBUM

  • Nous avons Pépé le Moko à la Casbah de l'Elysée chef de bande guetté par la police - cela ferait un excellent movie comme on dit à Hollywood !

  • Avec Saturnin Fabre !

  • https://pbs.twimg.com/media/Dof6N1IWsAAa6yD.jpg

  • C'est le Mec plus ultra !

    Jusqu'où va-t-il surprendre le monde avec ses facultés inédites de s'hystériser en public ?

  • Dis donc, c'est donc chez toi que Redouane était planqué sous le faux nom de Abdel ou ... Boulaouane ? !!!!!

    Ils ont dit qu'ils l'ont réveillé dans la chambre d'un appart à Rueil .... j'ai aussitôt pensé à toi !!!

  • A Nanterre comme la bergère Geneviève ... ils sont venus le réveiller à l'heure du laitier !

  • Euh ! en fait non c'est le premier ministre qui s'est rendu à Nanterre - on lui a aussitôt passé les bracelets.

  • Vu de l'intérieur, ça ressemble plutôt à l'extérieur !!!

  • Aujourd'hui je sors incognito dans les rues de Rueil - je me mets une petite burqa très seyante de ma garde-robe … pourvu qu'on ne me confonde pas avec Emmanuel pour me demander des autographes !

  • J'avais commandé à Aznavour une chanson "Je m'voyais déjà dans ma p'tite burqa" malheureusement il n'a pas eu le temps de l'écrire !

  • Tu prends des risques mon grand !
    avec une burqa tu vas avoir tous les boucs en rut musulmans au cul !

  • A mon âge on ressemble plus à une grosse "Mama" qu'à une petite gazelle ! Ma vie de bohème est derrière moi ; ils peuvent toujours courir les boucs en rut !

  • Monsieur 0% de confiance a parlé : Il ne faut pas laisser les questions de sécurité en déshérence.
    Il dit interim car lui-même fut un président par interim … n’ayant jamais démissionné de la fonction publique.

  • Depuis le temps qu'on vous le disait : tous les écrivains sont des obsédés sexuels ! Soit des dépravés soit des incitateurs au crime sexuel … l'église chrétienne avait raison !

    L'académie suédoise dans sa grande sagesse a décidé de faire cesser le scandale : plus de prix Nobel tant que les écrivains publics n'auront pas été dûment stérilisés comme le sont les animaux de compagnie.

  • Tiens ! en parlant de mama ... ça y'est !

  • C'est un peu puéril la lettre d'Onfray à Macron - heureusement que nous nous nous tenons à une toute autre altitude !

    ...
    PS Bravo à la Mama ! Elle a poussé le petit elle aussi ?

  • Yfig Quatorze 5835


    @YfigExNihilo
    il y a 17 heures

    En réponse à @MichelOnfrayTv @EmmanuelMacron @UPCaen
    Tout compte fait et après avoir pris connaissance de ladite "lettre", je dois reconnaître que si la philosophie est toujours absente, l'insolence et la gouaille y font bombance !
    Bravo !
    Fallait oser et il fallait que cela fut fait !

    Je mets 18 en français
    et zéro en philo !

  • Le fondement philosophique est un peu encombré effectivement ! Un bon lavement et il n'y paraîtra plus ...

  • On appelle ce genre de courrier du cœur, une missive-suppositoire ...

  • J'avais pensé à un lavement !

  • http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/10/05/31001-20181005ARTFIG00341-face-a-l-islamisme-nos-elites-ont-trahi.php


    Yves Mamou que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam s'explique.

  • Oui !
    Sauf qu'il passe à côté de la vérité !
    Les hauts fonctionnaires n'ont fait qu'exécuter les ordres des banquiers qui souhaitent avoir en face d'eux des gens imbéciles, incultes, illettrés et débiles totalement asservis à leur religion abrutissante !
    Ainsi pensaient-ils pouvoir créer un Etat faible et servile !
    La composante islamique leur a échappée parce qu'ils ne sont jamais allé en Afrique, dans les pays musulmans... et ça fait 20 ans que je le serine sur tous les tons sans que personne jamais ne prête attention à mes propos ... sauf pour me traiter de raciste ... mot galvauder qui a perdu sa substance comme tant d'autres !
    En fait de peuple servile, ils vont se retrouver avec des barbares face à des citoyens excédés et soucieux de ne pas se laisser emprisonner dans la charia crétine et létale !
    Quand je travaillais à Al Adda puis à Ryiad dans les années 80, en voyant les mains et les têtes coupées et les femmes lapidées, mais aussi les arrestations arbitraires, le systématisme du backshish et des interdictions généralisées ... Je me disais que si la France était un jour touchée par ce virus que déjà les syndicats français dénonçaient comme possible et particulièrement dangereux ... je ne pourrais pas vivre sous un tel joug et que mieux vaudrait aller voir ailleurs ou mourir !

  • Les arabes ne sont pas des gens intrinsèquement barbares ... c'est la charia (état religieux basé sur l'interprétation par des cons du coran) qui les rend complètement déglingués et sanguinaires !

  • On ne nait pas barbare, on le devient avec l'aide de dieu !

  • La France devient un grand capharnaüm dont il est difficile de savoir ce qu'il adviendra ...

  • dieu est vraiment très con !

  • C'est ou c'était délibéré ... par contre, peut-être qu'ils n'avaient pas bien évalué les dégâts que cela générerait ... ? y compris pour eux .... et ça .... ça les fait chier !!!

  • Le peintre Bansky raffine sur les mulit-milliardaires qui veulent détruire un pays tout entier - lui joint une déchiqueteuse dans ses tableaux afin d'empêcher une future vente !

  • Une pensée pour ces vingt jeunes qui passent leur Week-end en garde à vue pour avoir occupé les locaux marseillais d’une organisation mafieuse.

  • Quand je pense à tous les regrets que ces connards présenteront dans quelques années ...

  • Le président d'Interpol de nationalité chinoise soupçonné de corruption par la Chine ! Voilà qui ne manque pas de sel …


    Ceci dit en France nous avons des procureurs qui travaillent pour un état terroriste - le Qatar - et pour des organisations mafieuses qui se livrent au trafic d'êtres humains ...

  • Grâce aux efforts de Xavier Tarabeux procureur de Marseille cette ville a le titre envié de capitale du crime en Europe – il n’est donc nul besoin par excès de zèle politique de se porter avec une telle célérité au devant des désirs de M. Macron qui aime tant les voyous de Marseille.

  • Si la France imite Marseille, elle prend le chemin du Brésil !
    « La violence est un fléau pour les 208 millions de Brésiliens : elle a atteint l’an dernier le record de 63 880 morts et, en sept ans, a fait plus de tués que la guerre en Syrie. »
    Ce qui veut dire qu’au final et quoi qu’en pensent les bonnes âmes, les Français éliront un militaire comme Bolsonaro qui armera les citoyens pour faire régner l’ordre à coups d’exécution massive de criminels ou supposés tels !


    Les militaires ne connaissent pas l'individuation des peines - ils font un lot !

  • Plus d'internet

  • Dans l'intimité Emmanuel Macron parle du "pays des vieux fossiles" quand il veut évoquer son pays natal !

  • Mon internet est enfin revenu .... j'ai été l'otage de Macron qui n'appréciait pas mes bons mots !
    Mais je vais pouvoir à nouveau lui titiller le neurone !

  • Scène vécue sur le tarmac de l'aéroport de Riyad en Arabie Saoudite en novembre 2017 :

    Emmanuel Macron descend de la passerelle et crie son amour à Mohamed Ben Salmane premier ministre : Tu es mon frère !
    Mohamed Ben Salmane se débarrasse de sa gandourah et se jette tout nu dans les bras d'Emmanuel.

  • Ô moi, tu sais, les histoires de gandeurs !

  • A cette heure je ne suis toujours pas pressenti pour être ministre de Son Eminence ! Je ne comprends c'est à cause de mes slips "Petit Bateau" ?

  • Mets des caleçons .... tu ne pourras que mieux t'en porter !

    Ou alors .... rien du tout .... mais gare aux coups d'gel !

  • Pour être un vrai criminel il faut avoir le nom d'aplomb - c'est un peu comme en politique !


    Le médecin sino-américain Dante Cubangbang, docteur dans le Queens qui, avec la complicité de l'infirmier John Gargan, prescrivait par millions les petites pilules d'opiums ! 300 dollars la consultation.

  • Cucul Macron fait mieux sans se salir le costard !
    Il a ses distributeurs zélés qui s'empressent de vendre des promesses forgées au creux du néant !

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