Tout n’est-il pas harmonieux sur notre terre ?
Le ciel, par exemple, le ciel est harmonieux, les nuages sont harmonies et la pluie tombe harmonieusement sur les fleurs qui flétrissent dans la plus totale harmonie.
Les arbres se sont dépouillés de leurs feuilles, ce qui leur confère un air quelque peu austère et nu. Mais c’est joli.
L’herbe a cessé de pousser comme une folle et le tapis vert de mousses étouffantes est parsemé de feuilles mortes, gisant inertes et rouillées parfois emportées par une légère brise ou un grand frais de noroit.
Là-bas, au fond du jardinet, la mare s’est plus ou moins ratatinée sur elle-même, repliée comme en attente du grand froid qui ne se décide pas à nous rendre visite.
Les années se suivent sans se ressembler tout en conservant leur rythme précis de mois de jours, d’heures et de minutes (je ne compte plus en secondes depuis que mon clepsydre a rendu l’âme).
C’est drôle ces plantes offertes à l’ultime sacrifice, à la mort de froidure qui restent debout mais dépenaillées !
La rose trémière a même repris son cycle et les feuilles d’acanthes n’ont jamais été aussi belles.
Ca doit tenir au réchauffement climatique dont ces imbéciles de savants nous farcissent le chou à longueur d’ondes médiatiques.
Oups, pardon ! Chassez le naturel et le voici qui, comme le gaz éponyme, revient, ce salop, au galop !
Je m’étais pourtant promis juré craché de ne point râler.
Reprenons notre harmonieuse rhétorique bucolique …
Donc, la mort rode mais ne frappe pas. Les plantes, toutes prêtes pour l’ultime seconde se rabougrissent sous l’effet de la baisse des températures mais dans le même temps se ragaillardissent d’une inattendue montée de sève. Elles oscillent entre la vie et la mort balancées par les rafales venteuses et le poids des colibris à poil de yéti qui se posent sur elles pour un repos mérité après les vols géostationnaires propres à leur espèce.
Vous avez vu, hein ! Je ne dis rien et je dis tout …. Et tout ça sans râler !!!!!
Allez !
Il ne faut point abuser des bonnes choses. Toutes ces niaiseries étant consumées, nous reviendrons bientôt à des conversations sérieuses sur l’air du temps et les impérities de nos gouvernements de souks.